
Entre les falaises calcaires des Calanques, les canyons du Verdon et les sommets alpins du Mercantour ou des Écrins, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur offre l’un des terrains de randonnée les plus variés de France. Plus de 10 000 km de sentiers balisés GR® et GR® de Pays sillonnent ce territoire, entretenus par un réseau de baliseurs bénévoles. Que vous cherchiez une balade familiale au bord de la Méditerranée, une traversée technique en via ferrata ou une itinérance de plusieurs jours en haute montagne, chaque massif de la région a sa propre identité. Ce guide détaille les itinéraires incontournables du Mercantour, des Calanques, du Verdon, de l’arrière-pays niçois, de la Sainte-Baume ainsi que des Écrins et du Queyras, avec leurs spécificités techniques et leurs points d’intérêt.
Le massif du mercantour, sanctuaire des grands itinéraires alpins
Le parc national du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes, propose des randonnées qui mènent à des lacs glaciaires, des cols élevés et des panoramas alpins parmi les plus spectaculaires de la région. Ce massif conjugue haute montagne, patrimoine archéologique unique et faune protégée, avec des itinéraires exigeant une bonne condition physique.
Le tour du mont bego et la vallée des merveilles
La zone du Mont Bego, sur la commune de Tende, abrite le plus grand site de gravures rupestres d’Europe : environ 40 000 gravures réparties sur 4 000 roches, datées pour la plupart d’environ 3 300 ans avant Jésus-Christ. Ces gravures s’étendent entre 1 900 et 2 700 mètres d’altitude sur une surface totale de 17 km², dans les vallées des Merveilles et de Fontanalbe. Ce site, classé monument historique, offre une randonnée à la fois minérale et chargée d’histoire, dans un paysage sculpté par la fonte des glaciers il y a environ 10 000 ans.
Le GR52 entre Saint-Dalmas-Valdeblore et larche
Le GR® 52 traverse le département des Alpes-Maritimes d’Estenc à Menton sur 220 km, en longeant la crête frontalière avec l’Italie. Cet itinéraire de grande traversée du Mercantour révèle la zone archéologique des gravures du Mont Bego, classée en 1989, et permet de découvrir la continuité remarquable des cultures et modes de vie anciens de ces vallées. Le GR® 52A, variante panoramique, relie quant à lui le col de Tende à Colmars-les-Alpes en passant par des massifs de moyenne altitude.
L’ascension du mont gélas depuis le refuge de nice
Le Gélas est le plus haut sommet du parc national du Mercantour, situé à seulement une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau des plages de la Côte d’Azur. Cette proximité entre haute montagne et Méditerranée est l’une des singularités du massif, qui permet de passer en quelques heures de route d’un décor littoral à un environnement de haute altitude.
Les lacs de fenestre et de trécolpas au départ de Saint-Martin-Vésubie
Saint-Martin-Vésubie constitue un point de départ classique pour plusieurs itinéraires de lacs d’altitude. Les Lacs Bessons, dans un cirque glaciaire, forment une randonnée sportive mais photogénique, plébiscitée par les amateurs de grands espaces alpins. Dans la vallée de la Gordolasque, la Tête du Lac Autier propose une boucle plus longue traversant plusieurs lacs alpins et cascades, pour une immersion complète en haute montagne. Le circuit des Lacs de Vens, plus difficile, offre une succession de lacs d’altitude avec des vues sur le Mont Viso et demande une bonne condition physique.
Les calanques de marseille à cassis, entre roche calcaire et méditerranée
Classées Parc national, les calanques s’étirent sur vingt kilomètres, des portes de Marseille jusqu’à Cassis, ancien port de pêche réputé pour son vin blanc fruité. Ce massif rocheux d’une blancheur éclatante, parsemé de garrigue, plonge en falaises abruptes dans les eaux azur de la Méditerranée. Le GR® 98-51 relie Marseille à Cassis à travers ce décor hors du temps, et le Bureau des guides des Calanques accompagne les randonneurs souhaitant être guidés par un professionnel.
Le sentier des calanques de sormiou à morgiou
Le massif des Calanques compte une bonne quinzaine de sentiers qui permettent d’arpenter les hauteurs de la côte marseillaise. Ces itinéraires alternent passages en balcon offrant des vues plongeantes sur les eaux turquoise et descentes vers les criques, dans un environnement classé Parc national particulièrement préservé.
La calanque d’En-Vau et son accès par le col de la gardiole
Depuis le parking de l’avenue Notre-Dame à Cassis, un itinéraire permet de rejoindre successivement plusieurs calanques emblématiques. La calanque de Port-Miou, la plus accessible, se découvre en une dizaine de minutes de marche et convient à une balade tranquille au bord des pontons. Trente minutes supplémentaires mènent à Port-Pin et sa plage. Pour les randonneurs plus aguerris, la calanque d’En-Vau se rejoint par un sentier panoramique abrité par les pins, en environ deux heures de marche, révélant des falaises abruptes qui plongent vers une plage propice à la baignade. Comptez au total environ 5h30 aller-retour avec des pauses raisonnables, pour près de 14,7 km cumulés.
| Calanque | Difficulté | Distance (aller) | Dénivelé |
|---|---|---|---|
| Port-Miou | Facile | 0,80 km | – |
| Port-Pin | Moyen | 2,50 km | 45 m |
| En-Vau (sentier panoramique) | Moyen | 7,5 km | 360 m |
Le cap canaille et les falaises de soubeyranes depuis cassis
Au-delà des calanques proprement dites, le littoral autour de Cassis offre d’autres perspectives sur la Méditerranée, dans un environnement de falaises calcaires qui comptent parmi les plus hautes d’Europe. Ce type de randonnée côtière permet de combiner nature sauvage et panoramas maritimes remarquables, dans le prolongement direct de l’ambiance minérale des Calanques.
Le verdon et ses gorges, terrain d’exception pour la randonnée technique
Le plus grand canyon d’Europe s’étire sur une centaine de kilomètres et peut atteindre jusqu’à 750 mètres de profondeur. Plusieurs parcs naturels régionaux et itinéraires permettent d’explorer ce site, du plateau de Valensole aux Basses Gorges en passant par le tracé le plus emblématique du secteur.
Le sentier Blanc-Martel au cœur du grand canyon du verdon
Le sentier Blanc-Martel est l’une des randonnées les plus célèbres de France. Il longe la rive droite du canyon entre le Point Sublime et le chalet de la Maline, sur un tracé linéaire d’environ 13 km qui n’est pas une boucle. Ce parcours exigeant alterne sections panoramiques, passages au bord des falaises, tunnels sombres creusés dans la roche et six échelles à franchir, pour un dénivelé d’environ 700 m et une durée de près de 6h50 avec les pauses. Pour un format sur deux jours, il est possible de découper l’itinéraire et d’organiser une nuit en bivouac ou en refuge à mi-parcours, par exemple près du Couloir Samson, afin de profiter du canyon sans se presser.
Le sentier de l’imbut et ses passages en via ferrata
D’autres itinéraires sont possibles dans les basses Gorges du Verdon, au départ de Quinson notamment. Ce parcours des Basses Gorges traverse des escaliers aménagés dans la roche, longe le Verdon tantôt à flanc de rocher, tantôt en sous-bois, et passe par la Chapelle Sainte-Maxime. Il s’agit d’une randonnée de niveau moyen, sur environ 10,9 km pour un dénivelé de 250 m, dans une végétation abondante qui plonge le randonneur en pleine nature.
Le tour du lac de Sainte-Croix depuis les Salles-sur-Verdon
À la sortie des gorges, le lac de Sainte-Croix constitue une étape appréciée pour sa couleur turquoise caractéristique. Depuis Saint-Laurent-du-Verdon, un itinéraire permet également de découvrir le plateau de Valensole, célèbre pour ses champs de lavande entre mi-juin et mi-juillet, ainsi que les lacs de Quinson et d’Artignosc, tout en offrant des points de vue en hauteur sur les gorges elles-mêmes.
Les Alpes-Maritimes et le pays niçois, entre moyenne montagne et arrière-pays
L’arrière-pays niçois regorge de randonnées qui mêlent patrimoine, panoramas et paysages variés, entre sentiers littoraux et reliefs de moyenne montagne tournés vers le Mercantour.
Le circuit du baou de Saint-Jeannet
Le Baou de Saint-Jeannet offre une randonnée de difficulté moyenne culminant à environ 600 m d’altitude, d’où la vue s’étend de la mer Méditerranée jusqu’aux sommets du Mercantour. Ce type d’itinéraire combine un effort modéré et une récompense visuelle immédiate, ce qui en fait l’un des sommets les plus prisés de l’arrière-pays niçois.
La traversée des gorges du loup depuis gourdon
L’Estéron et les Gorges du Loup comptent parmi les zones les plus remarquables pour la randonnée dans l’arrière-pays, avec des sentiers qui longent des gorges spectaculaires, des cascades et des passages rocheux. Ces itinéraires sont particulièrement adaptés pour se rafraîchir en été et découvrir des paysages plus sauvages que sur le littoral.
L’ascension du mont cheiron au départ de caussols
Le plateau de Caussols, situé dans les hauteurs de l’arrière-pays grassois, s’inscrit dans cette même logique de randonnées de moyenne montagne offrant de larges panoramas. Les Gorges de la Siagne, accessibles depuis Saint-Cézaire-sur-Siagne, empruntent des sentiers le long de la rivière avec des descentes vers des chapelles et des ponts pittoresques, pour une ambiance de nature verdoyante complémentaire aux paysages plus minéraux du secteur.
Le massif de la Sainte-Baume, entre forêt primaire et crête calcaire
Le Massif de la Sainte-Baume, aux confins des Bouches-du-Rhône et du Var, associe une forêt remarquable à une crête calcaire culminante offrant des vues sur la Sainte-Victoire d’un côté et la mer de l’autre.
Le sentier des pèlerins vers la grotte de Marie-Madeleine
Au départ de Plan-d’Aups-Sainte-Baume, une randonnée facile d’environ 3h conduit à la grotte Sainte Marie-Madeleine et au Col du Saint-Pilon. Le parcours, long de 6,35 km pour un dénivelé de 390 m, passe par deux oratoires et la chapelle des Parisiens, entre sous-bois et panoramas dégagés sur la région environnante.
La traversée intégrale de la crête depuis le Plan-d’Aups
Non loin de là, dans la vallée de Saint-Pons à Gémenos, une forêt de hêtres, d’épicéas, d’érables, de cèdres, de tilleuls et de sapins abrite une rivière aux eaux limpides, des canaux, une source intarissable et une cascade jaillissant de roches moussues. Les sentiers y traversent une chapelle romane, les vestiges d’anciens moulins à blé, une ancienne fabrique à papier et une abbaye cistercienne, avant de grimper pour les plus courageux jusqu’à une ancienne glacière au sommet du pic de Bertagne, témoin du commerce des pains de glace. Cette randonnée facile de 3,6 km et 90 m de dénivelé complète idéalement la traversée de crête pour qui souhaite découvrir plusieurs facettes du massif.
Les écrins et le queyras, itinérance en haute montagne alpine
La partie nord-est de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est dominée par la haute montagne, avec des sommets qui dépassent 3 000 mètres d’altitude dans le Parc national des Écrins, comme le Sirac ou les Bans. Ce territoire, ainsi que le Queyras voisin, constitue le domaine par excellence de l’itinérance de plusieurs jours.
Le tour du queyras et ses refuges d’altitude
Le GR® 58 permet de faire le tour du Parc naturel régional du Queyras, dans les Hautes-Alpes, sur environ 130 km au sein d’un itinéraire global de 190 km au départ de Ceillac. Ce tour traverse de profondes gorges et franchit un col haut perché, autrefois emprunté par les migrants, colporteurs et marchandises. Contrairement à d’autres massifs alpins, le Queyras offre le charme d’une montagne pastorale, avec ses forêts de mélèzes, ses eaux abondantes et ses alpages au pied des barres rocheuses, ainsi que des prairies ensoleillées dont la floraison de juin est réputée auprès des botanistes.
La montée au refuge du glacier blanc depuis ailefroide
Le Parc national des Écrins, dont le symbole est l’aigle royal, abrite une flore rare comme le sabot de Vénus et la joubarbe, ainsi que de belles forêts de mélèzes. Les itinéraires qui mènent vers les glaciers du massif, comme celui du Glacier Blanc, s’inscrivent dans un environnement de haute montagne exigeant, à réserver aux randonneurs disposant d’une expérience alpine et d’un équipement adapté.
Le GR54 et la traversée du massif des écrins
Considéré comme l’un des GR® les plus difficiles d’Europe, notamment en raison de son enneigement tardif et de ses pentes raides sur schistes glissants, le GR® 54 fait le Tour de l’Oisans et des Écrins en une boucle de 176 km, praticable en une douzaine de jours. Il franchit une série de cols, dont l’Aup Martin à 2 761 m et le col de la Muzelle à 2 613 m, pour accéder à des vallées reculées comme la réserve naturelle de la Haute-Séveraisse en Valgaudemar. Le dénivelé positif cumulé dépasse 12 000 mètres sur la totalité du trajet, praticable uniquement de fin juin à fin septembre. Certains tronçons, comme la vallée de Vallouise ou le plateau d’Emparis avec ses lacs Noir et Lérié, restent plus accessibles que le passage par le col de l’Aup Martin ou celui de la Muzelle, ce qui permet de moduler la difficulté selon son niveau.
Le col agnel et la frontière italo-française à pied
À la frontière entre les Hautes-Alpes et l’Italie, le secteur du col Agnel prolonge naturellement l’itinérance du Queyras vers les sommets frontaliers. Ce type de passage illustre la dimension transfrontalière de la randonnée dans les Alpes du Sud, où plusieurs itinéraires de grande randonnée, comme le GR® 5 reliant le lac Léman à Nice, traversent des cols de haute altitude avant de rejoindre la Méditerranée. Sur la portion Grande Traversée des Alpes de ce GR® 5, les dénivelés peuvent atteindre 1 300 mètres par étape, ce qui réserve ce type de parcours aux randonneurs expérimentés disposant d’un matériel fiable, sachant que les refuges de montagne ne sont généralement ouverts que du 15 juin au 15 septembre.